Césarienne : une autre courbe qui pourrait s’inverser

 

Par Aurélie Haroche – http://www.jim.fr

Bien que ce phénomène ne connaisse pas les extrémités atteintes dans d’autres pays, le nombre de césariennes pratiquées dans notre pays est depuis longtemps un sujet de préoccupation. L’augmentation du nombre de césariennes n’est cependant pas explosive au cours des dernières décennies et l’on observe même une certaine stabilisation autour de 21 % depuis le début des années 2000. Est à contrario en hausse la prévalence de l’utérus cicatriciel qui concernait 11 % des parturientes en 2010 contre 8 % en 1995, un taux qui grimpe jusqu’à 19 % chez les multipares (14 % en 1995). Cette situation n’est évidemment pas sans conséquence quant à la morbidité maternelle. Si cette évolution est en partie liée aux caractérisées démographiques et médicales des mères (âge, surpoids…), elle est également la conséquence de certaines habitudes obstétricales. Diverses études ont permis de montrer que l’indication des césariennes, notamment programmées, ne répondait pas toujours à des critères objectifs mais variait en fonction de l’expérience et des habitudes des équipes.

Un programme pour accoucher d’améliorations

Afin d’harmoniser la situation et de contrôler la progression du nombre de césariennes, un programme « d’optimisation de la pertinence des césariennes programmées » a été mis en place par la Haute Autorité de Santé (HAS). Ce dernier a concerné 162 maternités volontaires entre janvier 2013 et novembre 2014. Ses résultats viennent d’être publiés. S’ils ne sont pas spectaculaires, ils confirment la possibilité d’influer sur le taux de césarienne.

Des maternités diversement engagées

Après une hausse mesurée mais constante pendant des années, le taux de césarienne à terme est en très légère baisse : de 19,1 % en 2011 à 18,9% en 2014. Les effets des recommandations et du programme de la HAS apparaissent clairement : seules les césariennes à terme programmées sont en recul pendant cette période passant de 7,4 % à 7 % quand les césariennes à terme non programmées progressaient de 0,2 points pendant la même période. On constate par ailleurs, de manière plus significative encore, que la pratique de la césarienne programmée répond mieux aux recommandations : 56,9 % des césariennes programmées en 2014 l’ont été entre 39 et 41 semaines contre 56 % en 2011. La HAS veut encore voir dans les « meilleurs » résultats des établissements inclus dans son programme par rapports à ceux n’y ayant pas participé la pertinence du programme. Quelques bémols doivent cependant être signalés notamment le fait que les maternités de niveau I et II ont été moins nombreuses à prendre part à l’expérimentation. On constate par ailleurs la persistance d’une grande hétérogénéité dans les pratiques entre les maternités.

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