La place du papa au bloc

Dans la plupart des maternités, avec l’accord de l’obstétricien et de l’anesthésiste, et sous couvert de règles d’asepsie très strictes, le papa est accepté.

 

Les choses se bousculent tellement vite que Sébastien ne peut pas m’accompagner. De toute façon, je pense qu’il ne supporterait pas de me voir endormie et attendre seul notre bébé. Cependant, à mon réveil, je suis en colère d’apprendre qu’on l’a laissé seul, sans la moindre explication pendant une heure. « On ne peut pas vous dire si votre femme va bien. C’est une intervention chirurgicale, on ne peut pas se prononcer avant la fin ». Quelques jours plus tard, il m’avoue : « Pendant toute la durée de l’intervention, ma vie s’est arrêtée. J’ai cru te perdre, j’ai cru tout perdre ».

Sabine

« Alors que mon mari fut fantastique avec notre bébé, je lui en ai voulu d’avoir pu être privilégié dans les premières heures de vie de bébé ; leur moment en peau à peau m’a rendue jalouse, et j’étais terrorisée à l’idée que bébé garde en mémoire l’odeur de papa ».

Anaïs

« Mon compagnon ne peut pas assister à l’accouchement. Je me retrouve toute seule avec des personnes que je ne connais pas et dans une salle très froide… Je ne suis pas du tout à l’aise et j’appréhende ce qui va arriver ».

Ludivine

« Mon mari ne peut pas m’accompagner en salle d’opération, sa demande est refusée en raison des risques d’infections potentiels. Je regrette évidemment qu’il ne soit pas présent, car je tremble de peur (dans le sens littéral du terme). Je sais qu’il tenait beaucoup à assister à la naissance de son enfant, et je culpabilise de ne pas lui offrir ce bonheur ».

Nadège

« Au bloc, je me sens seule, très très très seule, il n’y a personne à côté de moi pour me rassurer… Je tremble comme une feuille à cause du stress. Je suis triste que mon mari ne puisse pas être là, que l’on ne soit pas ensemble pour partager la naissance de notre premier enfant. Je n’arrête pas de me demander dans quel état il est ».

Hélène

« Le papa ne peut pas être à mes côtés, je suis déçue, triste à cause de cela. Mais il faut y aller, alors je prends sur moi : le bébé est en difficulté – bien qu’on n’en connaisse pas la raison ».

Juliette

« À mon réveil, on me demande confirmation pour le prénom de ce bébé : Clément. Il s’appelle Clément, c’est le choix de mon conjoint, mais il a été incapable de le dire, il pleure trop. La pression retombe pour lui et il peut enfin voir sa famille après une longue attente. Il était inquiet et on l’a laissé sans autre explication dans la salle des papas. Une sage-femme est venue le chercher juste avant mon réveil ».

Céline

« Mon mari n’a pas pu m’accompagner pour la césarienne, car elle n’était pas programmée. Cela a été très dur, car, pendant l’accouchement, il a été ma bouée de sauvetage. Cependant, à la fin du travail, cela m’était égal, je voulais que tout s’arrête, que cela se finisse le plus vite possible. Je me sentais dans un état second, plus rien ne m’importait ».

Virginie

« Me retrouver sans mon conjoint au bloc, le fait d’être séparée de mon bébé dès la naissance est insupportable… On nous change trois fois l’heure de l’intervention. L’opération est finalement prévue pour 13 h, mais ils viennent me chercher à 12 h, alors que mon mari est parti remettre de l’argent dans le parcmètre. Je l’appelle pour qu’il revienne, je demande aux soignantes d’attendre deux minutes, car il est dans l’ascenseur, elles refusent… Il m’attrape in extremis pour m’embrasser, cette séparation est horrible ».

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