Les raisons d’une césarienne


La césarienne en urgence se déclare pour divers motifs.
Chaque maman a sa propre histoire.

Audrey

« J’arrive à la maternité après 24 h de contractions, vers 3 h du matin. L’accouchement est
 prévu dans l’eau. En arrivant, j’ai droit à un monitoring. On me suggère d’aller marcher pour aider à l’ouverture du col, alors je m’exécute. Quelques heures plus tard, je reviens faire un examen d’ouverture du col. Pendant le monitoring, on se rend compte que mon bébé ne supporte pas certaines contractions. Il est 5 h du matin. Je fais un bain pour tenter de calmer la douleur qui devient vive toutes les cinq minutes, mais cela ne change rien. À 9 h, le gynécologue de garde vient m’annoncer le déclenchement par tampon de propess. À 11 h, le tampon est posé. Je vais en chambre. Toutes les heures et demie, on me fait un monitoring avec un examen du col. J’ai un dernier monitoring à 16 h 30. Et à 19 h 35, je sens quelque chose couler… Je pense perdre les eaux, mais, en allant aux toilettes pour vérifier, je vois du sang. Je bipe immédiatement pour que l’on vienne et l’on me monte en salle de naissance. Mon col est dilaté de trois doigts. La césarienne est alors décidée pour cause d’hémorragie. Tout se passe très vite. En arrivant en salle de naissance, j’entends la sage-femme dire à l’étudiante d’appuyer sur le bouton de plan rouge. Je vois tout le monde courir. Je comprends ce qui va m’arriver. De plus, on me fait écouter le cœur de ma puce qui cesse presque de battre… On me pose une perfusion et une sonde urinaire simultanément. Je suis complètement anesthésiée ».

Hélène

« Je rentre à la clinique le dimanche 17 juillet au matin pour des saignements ; on m’ausculte, pose le monitoring et fait un prélèvement pour analyse. Le verdict tombe un peu plus tard : j’aurais la poche des eaux fissurée. Une sage-femme m’explique que dans ce cas le travail sera déclenché maximum 48 h après parce qu’il y a un risque d’infection pour le bébé. La tension monte d’un cran : je n’avais pas envisagé cela. Ils me gardent donc à la clinique avec monitoring 3 ou 4 fois dans la journée. La nuit se passe : on dirait que le travail commence, qu’on m’écarte les hanches. À deux reprises, je me lève pour faire les cent pas dans ma chambre, car je ne peux pas tenir, allongée. Le matin arrive pourtant et tout va “bien”. Re — monitoring et analyses. Cette fois, pas de poche des eaux fissurées, le test a été faussé par quelque chose (…) Mais la sage-femme (une autre) m’explique qu’ils veulent quand même me garder parce que le rythme cardiaque de bébé décélère lors des contractions. De retour dans ma chambre, on décide avec mon conjoint de demander “l’autorisation de sortir”, car l’accouchement est prévu pour le 13 août (3 semaines après environ) et l’on est confiants : la grossesse s’est bien déroulée avec du repos, on se dit que ça devrait continuer. La gynécologue de garde nous donne son accord sous condition que je sois suivie par monitoring par ma sage-femme dans la journée. En fin d’après-midi, la sage-femme avec qui j’ai fait les cours de préparation à la naissance me pose donc le monitoring pendant une demi-heure et me renvoie à la clinique en évoquant la même raison pour laquelle ils voulaient me garder. Nous arrivons à la clinique vers 6 heures environ, ils me mettent directement “sous” monitoring ; le gynécologue de garde me dit que, le lendemain, ils me feront un test à l’ocytocine (comme s’ils déclenchaient l’accouchement) pour voir comment bébé résiste aux contractions en situation de travail (à un moment donné, ils ont évoqué la césarienne, mais je ne pense pas que cela puisse me concerner donc je n’y prête pas attention). Finalement, ils décident de me le faire le soir ; il est déjà 21 h, je crois. Nous sommes fatigués, anxieux, nous en avons assez d’être dans le flou : est-ce que bébé est en danger ? On ne peut que faire confiance : les médecins savent. La perfusion est posée, ça doit durer environ une demi-heure. Ça se confirme, bébé est “mal à l’aise”. Au bout de quelques minutes, j’ai une contraction qui durera 8 minutes. La sage-femme déplace le monitoring, cherche le pouls… Le gynécologue entre en trombe et lance “on le sort”. À partir de là, tout est allé très vite ».

Virginie

« Cela faisait longtemps que je souhaitais être maman, mais mon compagnon n’étant pas prêt, j’ai patienté… Puis un beau jour, il m’a dit qu’il souhaitait fonder notre famille. Le mois suivant, j’étais enceinte ! Nous avons attendu ce bébé avec beaucoup d’amour, ce fut une grossesse merveilleuse, nous avons fait les cours de préparation à l’accouchement ensemble, mon conjoint était très investi dans cette grossesse. Nous nous sommes imaginé l’accouchement côte à côte, je ne voulais même pas de péridurale pour pouvoir vivre pleinement mon accouchement.

Le 30 septembre 2004, lors de ma visite du 9e mois, tout a basculé. La gynécologue qui m’a suivi m’indique de faire une visite de contrôle assez rapidement. Étant sur place, et connaissant quelques infirmières de l’hôpital, j’appelle pour demander s’il est possible de prendre rendez-vous dans la journée. “Par chance”, une place est libre. La sage-femme qui me contrôle m’annonce avec un grand sourire que je vais avoir une césarienne le lendemain matin… Elle banalisait déjà la chose… Nous avons découvert que ma fille était en position transversale alors qu’à la dernière échographie elle était en présentation céphalique. La gynécologue a donc pris cette décision. Je m’effondre, pour moi tout s’écroule, je ne comprends pas pourquoi ma fille a changé de position. Comment est-ce possible ? Je vais me retrouver sans mon conjoint qui ne peut être présent au bloc et je vais être séparée de mon bébé dès la naissance… »

Ludivine

« J’arrive à la maternité vers 15 h pour un accouchement par voie basse à l’origine. On me met sous péridurale, car mon col est ouvert à 5 cm. Mon fils (un gros bébé de 4,110 kg) se trouve dans une mauvaise position et ne descend pas. Col ouvert à 7. L’équipe soignante tente une dernière manœuvre avant d’appeler le gynécologue-obstétricien pour l’intervention. Ainsi les sages-femmes présentes me posent une ceinture-tampon pour remettre le bébé dans l’axe du bassin, un acte douloureux dont je garde un très mauvais souvenir. Comme cette méthode ne fonctionne pas et que mon bébé souffre, je n’ai plus d’autre choix : césarienne d’urgence. Sur le moment, l’annonce de la césarienne est un soulagement, mais quand je retrouve mes esprits, je ressens une énorme déception. J’espérais pouvoir mettre au monde mon enfant naturellement comme je me l’étais imaginé ».

Anaïs

« Je pars à la maternité avec mon compagnon le jeudi 10 octobre à 14 h pour un monitoring de contrôle parce que mon terme est dépassé. Au monitoring, de grosses contractions sont visibles, mais elles ne me font pas souffrir et elles n’agissent pas sur le col. La sage-femme me consulte, et, en effet, mon col est très postérieur, ouvert à un centimètre. Mon gynécologue passe pour vérifier et nous annonce que je reste à la maternité parce que le bébé est estimé à 4,400 kg donc il ne faut pas trop attendre pour espérer un accouchement par voie basse. Ils m’expliquent comment ils vont procéder pour le déclenchement… Le soir venu, une fois installée en chambre, ils me posent le propess afin qu’il puisse agir toute la nuit. Le lendemain matin, rendez-vous avec la sage-femme pour la consultation : le propess n’a eu aucun effet sur le col. Ils décident alors de poser une perfusion d’ocytocine pour provoquer les contractions.
Huit heures après, les contractions n’ont toujours aucun effet sur mon col. Il est devenu très postérieur d’un centimètre et demi.
Vers 15 h, mon gynécologue passe nous voir pour constater l’évolution et voyant que rien n’y fait, il nous annonce que je vais avoir une césarienne en urgence.
Apparemment, le bébé est un peu gros (4, 230 kg) et il est bloqué. Pendant l’accouchement, l’équipe doit le sortir avec les spatules donc je pense que la césarienne a été la bonne option… »

Juliette

« Pour la naissance de notre deuxième enfant, je souhaitais que mon conjoint fasse connaissance avec notre bébé avant sa naissance. Nous décidons alors de préparer cette naissance par haptonomie. Ces séances sont assez hallucinantes, le répondant du bébé est incroyable, nous sommes confiants pour l’accueil de ce deuxième enfant. Le dimanche 13 avril, je passe la matinée à m’occuper d’Antoine et je ressens des contractions. Nous partons pour la maternité à 15 h, vingt minutes de route et les contractions sont de plus en plus rapprochées. Sur place, une sage-femme m’examine et me dit que la bonne nouvelle, c’est que mon col est presque à dilatation totale, la mauvaise nouvelle, c’est qu’il est trop tard pour une péridurale. Je relativise, c’est sensé aller vite et je reste sereine, mon conjoint s’installe derrière moi et dirige le bébé comme répété lors des séances d’haptonomie. Une heure plus tard, la sage-femme a rompu la poche des eaux, je suis toujours à pousser lors des contractions qui sont douloureuses et qui m’épuisent et le bébé ne descend pas. En revanche, son rythme cardiaque est de plus en plus faible et irrégulier et lui aussi a du mal à récupérer entre deux contractions… 15 minutes après, le gynécologue passe et dit qu’il faut intervenir très vite. Là, tout s’accélère. En 5 minutes, mon conjoint est prié de sortir, il y a d’un coup un monde fou qui s’active autour de moi, on me colle un masque à oxygène et l’on m’explique que mon bébé est en souffrance, qu’il est urgent de le faire sortir, que je vais subir une césarienne et qu’on ne peut pas attendre qu’une rachianesthésie fasse effet (soit vingt minutes environ). Deux minutes après, on me change de salle et je dois passer sur la table d’opération. Je m’agrippe tellement j’ai mal, je suis totalement paniquée à l’idée que mon bébé soit en danger, des fils et des tuyaux s’emmêlent autour de moi et je dois me lever pour changer de support ! À peine allongée, on m’endort. Je suis mise sous anesthésie générale. Je me réveille une heure après, mon conjoint est à mes côtés et il y a une couveuse à côté de nous. Je suis en état de choc, je tremble comme une feuille et j’ai l’impression d’être gelée malgré la couverture chauffante ».

Nadège

« Mon fils est né le 11 mars 2014 à 4 h 46. Le travail commence la veille au matin avec les premières contractions plus ou moins douloureuses, mais non régulières. Je perds les eaux à 16 h 45 et les contractions douloureuses commencent dans la foulée. Il me faut six heures de travail pour avoir un col favorable à la péridurale sachant qu’à mon arrivée à la maternité mon col était à 2. La césarienne se décide lorsque je suis à dilatation complète et que le rythme du cœur et ça me fait sourireJe sens le « xieuse, je serre les dents. Cette fois, le médecin est adorable et cela m’ rassurée. tu tie plde bébé ralentit de plus en plus souvent. L’équipe médicale fait un test pour voir l’état de santé de bébé (je n’ai pas entendu le résultat). Il n’est pas engagé dans le bassin et ne s’engage pas, bien que je sois en position sur le côté, jambes relevées, depuis le début du travail. Apparemment, il regarde vers le haut et non vers le bas comme il aurait dû. La gynécologue me fait pousser deux fois pour voir si bébé descend, mais rien n’y fait. Ce sera une césarienne ».

Céline

« Quatre semaines avant l’accouchement, le gynécologue de l’hôpital Claude Bernard de Metz décide de me faire un scanner pour savoir si ma fille pouvait passer par voie basse (car je suis de petite taille). Le scanner fut passé deux jours plus tard. Lors de mon prochain rendez-vous avec Dr. A, celui-ci m’informe que cela sera un peu juste pour qu’elle puisse passer par voie basse, mais qu’ « on va tenter le coup, nous allons donc vous déclencher par propess, puis par ocytocine si la dilatation ne se faisait pas ». Le gynécologue décide donc de me faire rentrer 18 jours avant le terme pour mettre le plus de chances de mon côté, car ma fille avoisinait déjà 3 kilos. Je rentre donc à l’hôpital le 12 février 2013 à 15 h. On me pose le propess, et l’on me le laisse jusqu’au lendemain matin, avec des contrôles fréquents du col et plusieurs monitorings. Le matin du 13 février, la sage-femme me dit que je ne suis dilatée qu’à un doigt… misère !

7 h — on décide de me poser la perfusion d’ocytocine et je fonds en larme -1 Er échec — mon mari est là et me soutient.

7 h 15 — les vraies contractions commencent et très vite elles sont là toutes les 30 secondes.

10 h — que le temps me semble long ! Malgré les contractions fortes, je ne suis dilatée que de 2… La sage-femme (très présente) et une consœur décident de me faire prendre différentes positions pour que la dilatation avance. J’étais assise avec une barre à la hauteur des yeux et je devais poser les bras sur la barre. Mon mari, posé devant moi, avait pour ordre de tirer les bras le plus haut possible à chaque contraction. À un moment, le gynécologue passe me voir, regarde et déclare “Ah ! Ça, ce sont de vraies contractions de travail !” J’aurais pu l’étriper !

11 h — je suis dilatée à 3 ! Miracle ! On me pose la péridurale, je suis très stressée et je demande toujours : “est-ce normal ?” Mon mari va faire une pause cigarette, il l’a bien méritée. On me laisse enfin tranquille avec ces positions douloureuses. J’envoie mon mari manger quelque chose, et ce temps, seule, m’a paru une éternité. Il remonte et me soutient, me tenant la main à chaque instant difficile. La sage-femme vient vérifier mon col.

12 h 30 – on vient me vider la vessie pour que la puce ait le plus de place possible et pour pouvoir accélérer le travail : le col est toujours à 3.

14 h : le temps me semble toujours très long, mon mari me rejoint de sa pause cigarette et me dit que le Dr A. rôde dans les couloirs… La sage-femme revérifie mon col et me dit : “vous êtes dilatée à 4 !” Je suis contente. Elle déclare que le travail est en bonne voie.

15 h — “Vous êtes toujours à 4 !” C’est la douche froide… “Tenez bon, ça va venir !”

15 h 30 — j’appelle la sage-femme, car la douleur n’est plus supportable.

La péridurale ne fonctionne que vingt minutes sur tout l’accouchement. Poisse quand tu me tiens…

16 h — je n’en peux plus, la puce m’empêche de respirer, elle pousse des pieds sur mes poumons, les contractions sont insoutenables. Je ne peux presque plus respirer, je sonne maintes et maintes fois pour appeler la sage-femme. Elle arrive et me dit de respirer calmement (facile pour elle). Je l’attrape par le bras et la secoue presque en la suppliant de m’aider. (Mon mari se demande toujours si je ne lui ai pas cassé le bras…) Elle vérifie le monitoring et me dit qu’elle revient. Deux minutes plus tard, elle approche de moi, me touche le front en le caressant et me dit : “Madame Louis, vous êtes dilatée à 4 depuis trop longtemps, on ne peut plus vous laisser comme ça, il faut qu’on vous fasse une césarienne.”

16 h 50 — on me prépare pour le bloc, je ne comprends rien, tout va très vite, on me met sur un autre brancard. Je regarde mon mari, une dernière fois, en disant à la sage-femme “faites que ça s’arrête ! Je n’en peux plus”. J’entre dans le bloc qui se trouve juste en face de la salle d’accouchement.

On me met un drap devant les yeux, je tremble comme une feuille pendant tout le reste de l’accouchement, mais multiplié par cent. Les sages-femmes me disent qu’elles n’ont jamais vu ça. On me badigeonne le ventre de Bétadine, l’anesthésiste m’endort le bas du corps en passant par la péridurale. On me pique les pieds pour savoir si je suis bien endormie, mais je sentais toujours les picotements des stylos, l’anesthésiste n’y croit pas vu la dose qu’elle m’a déjà administrée. Je demande toujours et pour tout : “est-ce normal ?” Je tremble comme jamais. Dr A. entre dans le bloc, il voit son assistant-bloc et demande : “on y va ?” Ce fut la dernière chose dont je me souviens, car je me suis endormie… Je suis en échec total. On me montre quelque chose, je vois une forme qui semblerait être ma fille ».

Sonia

« Ma grossesse se passe bien malgré les aléas courants (mal de dos, nausées, remontées acides…). Puisque tout se passe bien, je ne me prépare pas du tout à l’éventualité d’une césarienne. On pense dans ces moments que cela n’arrive qu’aux autres… Notre bébé décide d’arriver à la date du terme et le travail commence spontanément : parfait ! Mon col est déjà ouvert à 2 depuis quelques semaines. Ma sage-femme n’a cessé de me répéter que tout se présente à merveille.

J’arrive à la maternité à 20 h, après 3 heures de contractions à la maison, plus ou moins supportables, et gérées un bon moment avec des Spasfon. Je n’ai eu aucune contraction ni douleur durant la grossesse donc je ne sais pas reconnaître si ce sont de vraies contractions ou pas… Mon col est ouvert à 3. Après une heure de contractions très rapprochées et de moins en moins supportables (je sentais que ça “poussait” à chaque contraction), on décide de me poser la péridurale. La sage-femme m’examine alors et me dit : “ouh là, col ouvert à 10, on est prêt(s), on va y aller”. La péridurale commence à faire effet, je suis aux anges. Je crois que je me souviendrais toute ma vie de cette sensation à ce moment-là : la douleur s’atténue et je suis prête. On se regarde avec mon homme, il me prend la main et l’on se dit “ça y est, c’est le moment”. On est heureux ! Au bout d’une minute, le monitoring sonne. La sage-femme arrive alarmée, regarde le monitoring et ne parle plus. Elle paraît très inquiète alors que, jusque-là, elle était très souriante. Elle regarde vers moi et annonce que le travail a été trop rapide : “votre bébé ne supporte pas les contractions”. (Un col qui passe de 3 à 10 en une heure pour un premier bébé… je pense qu’on peut difficilement faire plus rapide…)

Le cœur se met à ralentir de plus en plus, elle me dit “mettez-vous sur le côté”, écoute 10 secondes… Il est à la limite de s’arrêter. Je m’en souviendrai toujours. On se regarde avec mon homme, bouche bée, muets… La sage-femme ouvre la porte de la salle, crie : “Mélanie, Code rouge !” (On se souvient des détails dans ces moments-là, même les prénoms…) L’anesthésiste revient en courant, tout le monde se précipite, cinq minutes après je suis en salle d’opération, et en trois minutes mon fils naît ».

Élise

« Je suis maman pour la première fois d’une petite Honorine qui est née le 15.02.15 à 21 h 25 par césarienne en urgence. Mon terme était prévu pour le 21 février. J’ai passé une très belle grossesse avec peu de désagréments à part une bonne prise de poids de 18 kg qui m’a dérangée à la fin (les douleurs au dos, aux pieds…)
Je travaille auprès de nouveau-nés prématurités ou bébés à terme qui ont des soucis de santé. De fait, j’ai toujours imaginé plein de situations difficiles pour moi. Durant ma grossesse, j’avais du mal à croire que j’aurais la chance de ne pas vivre ce que toutes les mamans que j’ai côtoyées depuis que j’exerce vivent… Je me demandais si Honorine n’avait pas une malformation métabolique qui ne peut pas se voir en échographie ou si Honorine n’allait pas subir à la naissance une grosse souffrance fœtale qui l’enverrait vers mes collègues. J’ai imaginé l’angoisse de la séparation à la naissance et la peur d’accoucher par césarienne, car je n’ai jamais été opérée et j’ai une grosse crainte des aiguilles (le comble de l’infirmière). Je m’imaginais accoucher d’un tas de façons.
À ma visite du 7e mois, le 9 décembre, ma sage-femme a vu que je contractais. Je suis allée consulter à la maternité et effectivement au monitoring je contractais toutes les minutes. J’ai comme beaucoup de primipares un utérus irritable, mais mon col était encore bien long. Donc ces contractions n’avaient pas d’effet sur lui. J’ai été suivie à domicile par une sage-femme deux fois par semaine avec un monitoring une fois dans la semaine. J’ai dû prendre du spasfon deux fois par jour associé à du magnésium. Mes contractions ont diminué et on a arrêté la surveillance à domicile à 37 SA. Dimanche 7 février, j’ai fait deux heures de faux travail, calmé par homéopathie. Et est arrivé le dimanche 15 février…
Le matin, rien ne dit que j’accoucherai le soir, mais je me suis levée avec de drôles de pressentiments. Je trouve que mes sécrétions ont un peu changé, j’ai l’impression que la petite ne bouge plus trop, je ne suis pas rassurée… De plus, je commence à trouver le temps long, j’appréhende de plus en plus l’accouchement… Toujours mes angoisses d’avoir un accouchement qui se passe mal comme toutes ces mamans que j’ai rencontrées dans mon travail… J’appelle à 12 h la maternité pour leur faire part de mes sensations et la sage-femme me dit de venir, car, par téléphone, ce n’est pas possible de juger… On a mangé et on est arrivé à 13 h 10. Nous faisons des examens, le col est ouvert à un doigt, mais n’est pas effacé. Mes sécrétions glaireuses sont plus abondantes. J’ai un test pour voir s’il y a une fissure de la poche des eaux. Résultat : fissure positive. De fait, l’accouchement est prévu dans les 72 h. Pendant les 2 h de monitoring, j’ai une contraction qui provoque chez Honorine une grosse baisse de son rythme cardiaque. Camille, la sage-femme qui m’a pris en charge, accourt. Elle m’explique que si ça se reproduit, je ne rentrerai pas après les deux heures de monitoring. J’ai tout de suite dit à mon mari : “ça sent la césarienne”. Lui qui ne connaît pas grand-chose a essayé de me rassurer comme il pouvait, alors que de nature il est cinquante mille fois plus angoissé que moi. 30 minutes après, une nouvelle contraction provoque une bradycardie chez Honorine. Camille me fait mettre une blouse et me pose une perfusion. C’est sûr, je ne rentrerai pas à la maison. Elle essaie de stimuler Honorine, qui a du mal à remonter. Le col est resté le même. Bertrand se pose beaucoup de questions pendant que j’essaie de respirer calmement. Les contractions commencent à venir petit à petit. Et Honorine a rebradycardé à nouveau plusieurs fois. Mon utérus est hypertonique et provoque des contractions plus longues que la normale. Malgré tout, mon col ne bouge pas. Vers 18 h 30, l’interne en gynéco vient pour me dire de passer en salle de naissance. Il me pose une péridurale précocement pour pouvoir rompre la poche des eaux et pratiquer un prélèvement sanguin sur le scalp de la petite (un pH au scalp). À 19 h, le premier ph est bon et les bradycardies sont assez bien récupérées pour Honorine. On pratique deux autres prélèvements, mes contractions deviennent de plus en plus longues, 10 minutes sans interruption. Honorine souffre et mon col ne bouge pas. Je sais que ça se terminera en césarienne, et même si je suis morte de touille, je veux qu’Honorine sorte. J’ai encore plus peur qu’elle souffre et qu’elle soit obligée d’être hospitalisée avec ce que cela implique : une séparation obligatoire. Je veux autant qu’eux savoir ce qui se passe à l’intérieur. Du coup, vers 21 h, la gynéco de garde est arrivée pour m’expliquer qu’ils avaient essayé d’attendre pour me laisser la chance d’accoucher par voie basse, mais que, maintenant, il fallait aller voir ce qui se passait… Je pleure, car j’ai peur, mais je sais que ça va se passer vite et que je vais pouvoir voir mon bébé rapidement. Au bloc, tout se passe dans le calme malgré l’urgence, car les PH faits au scalp d’Honorine montraient qu’il n’y avait pas d’urgence vitale… Je me laisse faire, je n’ai pas de questions, car je sais comment se pratique une césarienne. Je sens quand Honorine sort, ça a fait comme une sensation d’aspiration, de vide. Et je l’entends crier. “Ouf, elle respire, elle semble vive”. Et enfin l’explication arrive : Honorine était bloquée par le cordon qui était enroulé autour de son bras et sa cuisse. Elle n’aurait jamais pu descendre plus ».

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